Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes atteintes de cancer, en individuel comme en collectif, notamment dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut du Sein à Toulouse.
Ces accompagnements m’ont appris une chose essentielle : accompagner une personne atteinte de cancer ne s’improvise pas et ne relève pas d’un accompagnement « classique ».

Le cancer, malheureusement, n’est pas en voie d’extinction.
Même si les avancées médicales permettent aujourd’hui des traitements plus ciblés, mieux tolérés, parfois plus efficaces, le nombre de cancers diagnostiqués chaque année continue d’augmenter.
De plus en plus de sophrologues rencontrent – ou rencontreront – cette réalité dans leur pratique, sans s’y être préparé.

Accompagner des personnes atteintes de cancer est un choix, et ce choix doit toujours être libre et pleinement assumé. Il existe de nombreuses façons d’exercer ce métier, et toutes sont légitimes. Mais le cancer est une thématique trop importante et trop sensible pour être abordée par défaut, ou parce que « quelqu’un nous l’a demandé ».
Il ne s’agit pas d’un accompagnement que l’on accepte pour faire plaisir à un proche, ou parce qu’on ne sait pas dire non.

Même avec les meilleures intentions, un accompagnement mené sans élan véritable, ou en portant un malaise face à la maladie, peut créer un inconfort supplémentaire chez la personne accompagnée.

La sophrologie peut être un formidable soin de support, mais seulement si le sophrologue est en mesure d’accueillir pleinement ce que cela implique.
Cela suppose d’avoir pris le temps de regarder son propre rapport à la maladie, à la souffrance, parfois à la mort — afin d’être disponible, sans projection ni attente.

La véritable question devient donc : « Si je choisis d’accompagner, comment puis-je le faire avec justesse, et avec quelle posture ? »

Ce que vit une personne atteinte de cancer… et ce que la sophrologie peut réellement apporter

Le cancer est une épreuve qui bouleverse toutes les dimensions de l’existence.
Il touche le corps, bien sûr, mais aussi l’identité, la sécurité intérieure, le rapport au temps, à la vie et parfois à la mort.

Dans ce contexte, la sophrologie peut apporter énormément :

  • Un espace pour se reconnecter à un corps transformé, parfois douloureux ou avec lequel il est difficile de cohabiter
  • Un soutien pour réguler l’anxiété, l’anticipation, l’hypervigilance
  • Une aide précieuse pour le sommeil, souvent altéré pendant et après les traitements
  • Un lieu où les émotions peuvent être accueillies et exprimées, sans devoir rassurer l’entourage
  • Un moyen de redevenir acteur ou actrice de son parcours, même quand beaucoup de décisions échappent

Mais ces bénéfices n’apparaissent pas par hasard. Ils sont étroitement liés à la manière dont le sophrologue se positionne dans la relation d’accompagnement.

Pourquoi accompagner le cancer demande une posture ajustée et consciente

Accompagner une personne atteinte de cancer ne se limite pas à proposer des protocoles tout faits ou à dérouler des exercices types selon la pathologie. Cela demande une écoute attentive des besoins et une posture ajustée, qui ne s’improvise pas.

Le sophrologue doit notamment apprendre à :

  • Adapter ses propositions en fonction des étapes médicales (annonce, traitements, après…)
  • Renoncer à toute idée de performance ou de progression linéaire
  • Accueillir des silences, des résistances, des fatigues profondes
  • Entendre parfois des peurs existentielles, sans chercher à les faire disparaître
  • Ne pas projeter ses propres croyances sur la guérison, le combat, la positivité

En tant que sophrologue, il est essentiel de ne pas projeter nos propres croyances sur la guérison, sur le « combat » à mener ou sur l’injonction à rester positif coûte que coûte. Certains de nos clients résistent, d’autres abdiquent. Certains espèrent, d’autres doutent. Ce qui compte, c’est de pouvoir les accompagner là où ils en sont, sans nier leur vécu, sans plaquer notre besoin de sens ou d’issue heureuse.

La question de la mort, par exemple, peut surgir.
Parfois de façon explicite, parfois en filigrane.
Savoir l’accueillir avec justesse, sans la provoquer ni la nier, est une compétence à part entière. Trop souvent évitée par pudeur, peur ou inconfort, cette thématique reste peu abordée, tant par les patients que par les professionnels. Pourtant, la mort est une des issues possibles de la maladie, et faire comme si elle n’existait pas n’en repousse pas la réalité.

Se former à l’accompagnement du cancer, ce n’est pas apprendre à « en faire plus ». C’est apprendre à être juste, présent, stable, à accueillir sans diriger, et à ne pas prétendre réparer ce qui ne dépend pas de nous.

Ce que le sophrologue gagne à se former à cet accompagnement

Se former à l’accompagnement du cancer apporte des bénéfices très concrets au sophrologue :

  • Une posture plus claire et plus sécurisante, pour soi comme pour les patients
  • Une meilleure capacité à poser un cadre adapté, sans se sentir démuni
  • Une légitimité renforcée, notamment face à des situations complexes ou chargées émotionnellement
  • Une pratique plus fine, plus ajustée, moins épuisante émotionnellement
  • La possibilité de travailler en lien avec des structures, associations ou institutions, avec des repères solides

Beaucoup de sophrologues accompagnent déjà des personnes atteintes de cancer… Mais souvent sans repères spécifiques, avec des doutes, parfois un sentiment d’impuissance ou de sur-responsabilité.

Se former permet justement de sortir de cette zone floue.

Transmettre aujourd’hui, parce que c’est nécessaire

Si je propose de nouveau l’atelier « Sophrologues : accompagner le cancer », ce n’est pas pour ajouter une compétence de plus à votre pratique.
C’est pour vous permettre d’accompagner avec plus de justesse, dans un cadre clair et serein, au sein d’un domaine où les besoins sont réels et les demandes de plus en plus fréquentes.

La sophrologie prend d’ailleurs une place croissante dans les soins de support : de nombreux services d’oncologie proposent désormais cet accompagnement via des associations, et de plus en plus de professionnels de santé en reconnaissent les bénéfices.

L’Atelier – Sophrologues : accompagner le cancer aura lieu le Mercredi 28 janvier 2026 – de 9h à 12h30

Un atelier pour :

  • Comprendre les enjeux spécifiques du cancer
  • Affiner votre posture de sophrologue
  • Mieux accompagner les effets de la maladie et des traitements
  • Renforcer votre sécurité intérieure et votre présence pour accueillir ce qui émerge, sans jugement ni projection

Pour vous inscrire ou avoir des informations complémentaires, cliquez ici.

Transmettre aujourd’hui, c’est permettre à d’autres sophrologues d’accompagner avec plus de justesse et de solidité dans un contexte exigeant. C’est aussi poser les bases d’une posture claire, sensible, consciente, ajustée à cette réalité. C’est une manière de contribuer, à mon échelle, à une chaîne de soutien plus humaine, plus compétente, plus respectueuse du chemin de chacun. Parce qu’accompagner le cancer demande aussi de ne pas projeter ses propres croyances sur la guérison ou sur la manière de vivre la maladie, et de pouvoir accueillir aussi bien les zones de résistance, de lassitude ou de découragement, que les élans d’espoir, de mobilisation ou de reprise.

Emmanuelle Le Bris – Sophrologue et Formatrice