
Quand on sort de formation en sophrologie, les compétences sont là.
Les bases ont été intégrées, la posture d’accompagnement a été travaillée, des pratiques ont été vécues et répétées. Il y a souvent aussi déjà de l’expérience, acquise pendant la formation ou juste après, et surtout une vraie envie : pratiquer, accompagner, mettre la sophrologie au service des autres.
Pourtant, au moment de l’installation, une réalité s’impose rapidement : les clients ne viennent pas spontanément. L’activité ne démarre pas aussi vite que ce que l’on avait imaginé ou espéré.
C’est souvent à cet endroit précis que le doute s’installe.
Un doute qui ne porte pas, au départ, sur les compétences de sophrologue. La plupart savent qu’ils ont les outils, la capacité d’accompagner, la justesse dans la relation, même si cette légitimité peut parfois être fragile, et que l’expérience vient l’asseoir et la sécuriser au fil des accompagnements et des années.
Mais un autre rôle entre en jeu, beaucoup moins identifié : celui de chef d’entreprise. Un rôle que l’on n’a pas appris à reconnaître ni à développer en formation, puisque la formation prépare avant tout à exercer la sophrologie, pas à rendre une activité visible ni à la faire vivre.
Alors, sans toujours en avoir conscience, le doute se déplace. Il glisse de la question de l’activité vers la personne elle-même. Et lorsque les premiers clients arrivent, une pression supplémentaire apparaît : celle de vouloir que cela fonctionne à tout prix, que chaque accompagnement réussisse, comme si tout se jouait là.
Ce tiraillement n’a rien d’une contradiction intérieure. Il est le reflet très concret d’un démarrage professionnel, où l’on apprend en même temps à accompagner… et à faire exister son activité.
Un désir compréhensible : voir l’activité démarrer
Dans ce contexte, vouloir que « cela fonctionne maintenant » prend un sens très précis.
Cela signifie que l’activité démarre réellement, que les premiers clients se présentent, que les rendez-vous s’installent. Non pas par impatience ou par manque de profondeur, mais parce qu’exercer un métier d’accompagnement suppose aussi qu’il puisse se déployer dans le réel.
Ce désir est légitime. Il ne dit pas un refus du temps, mais un besoin de repères concrets, de mouvement, de confirmation que ce chemin professionnel peut prendre corps.
Six mois peuvent alors être vécus de deux manières à la fois. Comme un temps très court à l’échelle d’un parcours professionnel, et comme un temps très long quand l’activité débute et que l’incertitude fait partie du quotidien.
Cette tension n’est pas à corriger. Elle mérite surtout d’être comprise et accompagnée.
Rien ne s’installe en un claquement de doigts
En sophrologie, nous le rappelons souvent : rien n’est magique.
Une séance peut apaiser, ouvrir, éclairer. Mais ce sont la répétition, l’entraînement et la pratique qui permettent d’installer durablement ce qui est juste pour soi. C’est avec le temps que les ressentis s’affinent, que l’ancrage se renforce, que les ajustements deviennent plus naturels.
L’installation et le développement d’une activité suivent un chemin très similaire. Ils ne relèvent pas d’un déclic unique, mais d’un processus.
Il y a des actions à poser. Certaines évidentes, d’autres moins confortables. Des moments où il faut sortir de ses automatismes, parfois de sa zone de confort. Des temps de doute, de tâtonnement, de retour en arrière aussi.
Ce mouvement n’est pas un signe que l’on fait mal. Il est le signe que l’on est en train de construire.
Avec le temps, chacun·e trouve peu à peu sa place. Une place qui n’est jamais figée. Une place qui s’ajuste au fil des clients rencontrés, des projets, des prises de conscience, des évolutions personnelles et professionnelles.
Ce chemin demande de la patience, mais aussi du soutien. Car ce qui est difficile, bien souvent, ce n’est pas l’effort en lui-même. C’est de le porter seul·e.
Dans ce mouvement, une question revient souvent : celle de la posture juste pour soi. Non pas une posture idéale ou attendue, mais une manière d’exercer qui respecte qui vous êtes, vos valeurs, votre sensibilité. Quand cette posture est plus claire et plus alignée, un sentiment de légitimité plus sécurisé peut s’installer, progressivement, sans avoir à se forcer.
Cela a aussi des répercussions très concrètes dans la manière de se rendre visible.
Communiquer reste nécessaire pour qu’une activité puisse fonctionner. Non pas pour se mettre en avant ou se raconter, mais pour permettre aux personnes concernées de se reconnaître, de comprendre ce qui peut les aider, et ce qui peut les amener à prendre rendez-vous.
Avec le temps, beaucoup réalisent que communiquer ne consiste pas tant à expliquer ce qu’est la sophrologie, ni à parler de soi, mais à mettre des mots sur ce que vivent les clients, sur leurs difficultés, leurs attentes, et sur ce que l’accompagnement va concrètement changer pour eux.
Il n’y a pas une seule manière de communiquer, ni une obligation d’être présent·e partout. Publier sur les réseaux sociaux n’est ni indispensable, ni pertinent si cela n’est ni confortable ni plaisant. Là encore, il s’agit souvent de trouver une façon de se rendre visible qui respecte son rythme, ses appuis, et ce qui fait sens pour soi, tout en rendant lisible ce que l’on propose et à qui cela s’adresse.
Ce qui peut changer dès le début, sans brûler les étapes
S’engager dans un accompagnement sur plusieurs mois ne signifie pas attendre passivement que « les effets arrivent ». Cela peut, au contraire, transformer immédiatement la manière de vivre le présent et d’agir.
Ce qui peut changer rapidement, ce n’est pas tout. Mais plusieurs choses essentielles.
Le fait de ne plus porter seul·e. Le fait de pouvoir déposer ce qui inquiète. Le fait de se sentir entendu·e, reconnu·e, légitime là où vous en êtes.
Mais aussi, très concrètement, le fait de commencer à travailler autrement sur son activité.
Dans ce cadre, il ne s’agit pas seulement d’ancrer une posture ou de se sentir soutenu·e, mais aussi d’acquérir des repères clairs pour développer son activité : comprendre ce qui rend une pratique visible, identifier ce qui incite une personne à prendre rendez-vous, structurer sa communication sans se trahir.
C’est souvent à cet endroit que la casquette de chef d’entreprise peut être explorée et travaillée, pas à pas, avec des outils concrets, des temps de réflexion partagée, et des ajustements progressifs.
Ces éléments n’accélèrent pas artificiellement le processus. Ils permettent de poser des actions plus justes, plus conscientes, et surtout plus soutenables dans la durée.
Et souvent, c’est dans cet espace-là que quelque chose s’apaise et se consolide à la fois : la posture intérieure, la légitimité professionnelle, et la capacité à faire fonctionner son activité sans se perdre.
Non pas parce que tout est réglé, mais parce que vous ne portez plus les mêmes choses seul·e, parce que votre regard sur votre rôle évolue, et parce que vous vous sentez autorisé·e à avancer, en chemin, avec des appuis concrets.
Le temps long n’est pas l’ennemi du soulagement immédiat
Il est possible de respecter le temps long sans s’imposer une attente douloureuse.
Un accompagnement dans la durée n’est pas seulement un horizon. C’est une façon d’habiter le chemin autrement.
Quand le cadre est sécurisant, quand la présence est réelle, quand l’écoute est là dès le départ, le soulagement ne vient pas à la fin. Il commence souvent dès les premiers pas.
Non pas sous la forme d’une certitude absolue, mais sous celle d’un apaisement progressif : celui de ne plus être seul·e face à ses responsabilités professionnelles.
Une autre manière de poser la question du temps
Plutôt que de se demander si six mois sont trop longs ou trop courts, il peut être aidant de déplacer légèrement le regard.
Non pas pour se juger, ni pour se comparer, mais pour reconnaître là où vous en êtes aujourd’hui.
La question devient alors moins tranchée :
De quoi avez-vous besoin, maintenant, pour continuer à avancer ?
Pour certain·es, ce sera du temps pour laisser décanter. Pour d’autres, un cadre qui permet de ne pas rester seul·e avec ses questions, qui offre des appuis, des repères, et un espace pour réfléchir, ajuster, expérimenter.
Il n’y a pas de bonne manière de faire. Il y a des moments différents dans un parcours, et des besoins qui évoluent avec l’expérience et la réalité du terrain.
Avancer soutenu·e, sans brûler les étapes
Notre manière d’accompagner s’appuie avant tout sur une expérience de terrain.
Depuis plus de quinze ans chacune, nous exerçons comme sophrologues, en cabinet, auprès de publics variés. Et depuis sept ans, nous proposons des accompagnements, des supervisions et des masterclass à destination de sophrologues, à différents moments de leur parcours professionnel.
Cette double expérience — celle de la pratique quotidienne du métier et celle de l’accompagnement de pairs — nous a permis d’identifier avec précision les difficultés récurrentes et les besoins réels des sophrologues : le sentiment d’isolement, les doutes sur sa place, la difficulté à faire des choix justes pour soi, l’envie de stabilité sans renoncer au sens du métier.
Nous n’avons pas de formule magique à transmettre, ni de méthode qui fonctionnerait à tous les coups. Chaque parcours est singulier, chaque activité se construit dans un contexte particulier, avec une personne, une histoire et un rythme qui lui sont propres.
Ce que nous proposons, c’est un cadre d’expérience, de soutien et de discernement, nourri par des années de pratique et d’accompagnements, pour permettre à chacun·e de comprendre ce qui se joue pour lui ou pour elle, et de construire une activité plus solide, plus juste, plus alignée avec ce qu’il ou elle est.
Avec notre expérience de l’accompagnement des sophrologues, nous avons appris que le véritable enjeu n’est ni d’aller vite, ni de ralentir à tout prix.
L’enjeu est de ne pas se perdre en chemin.
C’est dans cet esprit que nous proposons un groupe d’accompagnement et de supervision. Non comme une promesse de transformation immédiate, mais comme un espace où la confiance et la légitimité peuvent commencer à se consolider dès maintenant,
et où des éléments concrets peuvent être mis en place rapidement pour permettre à l’activité de fonctionner plus clairement : poser les bases d’une communication plus lisible, comprendre ce qui amène une personne à prendre rendez-vous, structurer certaines actions sans se trahir.
Le tout dans le respect de votre rythme, de ce que vous êtes, et de ce qui vous a donné envie de choisir ce métier.
Un espace pour traverser les étapes, pas pour les brûler. Un espace pour être soutenu·e, pas pour être pressé·e.
Pour continuer la réflexion
Si cette réalité vous parle, si vous ressentez à la fois le besoin que votre activité fonctionne concrètement et l’envie de respecter votre propre rythme, vous pouvez simplement prendre le temps de vous informer sur notre groupe d’accompagnement et de supervision.
Non pour décider dans la précipitation, mais pour voir si ce cadre de présence, de soutien, de contenu et d’expérience correspond à ce dont vous avez besoin aujourd’hui.
Dans cette démarche, nous prenons toujours le temps d’un entretien téléphonique avec chaque personne qui le souhaite. Cet échange permet de faire le point ensemble, de comprendre votre situation, vos attentes, vos questionnements, et d’évaluer en toute simplicité si la participation à cet accompagnement est pertinente pour vous.
Cet entretien n’engage à rien. Il s’agit avant tout d’un temps de rencontre et de discernement, pour respecter votre rythme, votre parcours, et vérifier que ce cadre est juste, pour vous comme pour nous.
Pour découvrir le contenu détaillé de notre programme d’accompagnement et de supervision qui démarre le 29 janvier 2026 pour 6 mois, vous pouvez consulter la page en cliquant ici.
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